Nous sommes ici devant un
temple. Trajan,
couronné de lauriers, est précédé
d'un joueur de flûte double, que l'on retrouve aussi dans
le sacrifice de Marc Aurèle. Pour offrir ce sacrifice,
l'un et l'autre ont dû se baigner et revêtir une
robe blanche. Le
taureau comme tous les animaux à immoler (victima
pour le gros bétail, hostia pour le petit), doit
être sans tache. Il est orné de bandelettes (vittae),
ses sornes sont dorées. Des
serviteurs sacrés (popae) le tiennent par une
corde sans tirer pour qu'il donne l'impression d'aller de lui-même
au sacrifice. Avant le sacrifice, on a placé sur sa tête
un
gâteau de miel et de farine salée (mola salsa)
fabriqué par les vestales ; on l'a arrosé d'abord
d'un vin préalablement goûté par le prêtre
et l'assistance : c'est la libation (libatio) que l'on
voit sur le tableau de Claude Gellée ; bientôt le
victimarius, demandera au prêtre «agone?».
et celui-ci, la tête couverte d'un pan de sa toge, comme
Marc Aurèle, répondra : «hoc age».
Le
victimaire immolera alors la victime d'un coup de hache ou
de couteau. La bête sera dépecée et les haruspices
examineront ses entrailles ; si elles sont de bonne apparence,
on les brûlera sur l'autel ; sinon, il faudra recommencer
toute la cérémonie. Quant à la chair, elle
sera partagée entre le prêtre, celui qui a offert
le sacrifice et l'assistance. |

Sacrifice de Marc
Aurèle, détail d'un tableau de Claude Gellée.
Remarquez, entre autres, le joueur de flûte double, la
tête couverte de Marc Aurèle, le récipient
pour la libation |