Le sacrifice

 

prépraratif d'un sacrifice de taureau en présence de Trajan (marbre -Rome, vers 125 ap. J.C.)

Nous sommes ici devant un templeTrajan, couronné de lauriers, est précédé d'un joueur de flûte double, que l'on retrouve aussi dans le sacrifice de Marc Aurèle. Pour offrir ce sacrifice, l'un et l'autre ont dû se baigner et revêtir une robe blanche. Le taureau comme tous les animaux à immoler (victima pour le gros bétail, hostia pour le petit), doit être sans tache. Il est orné de bandelettes (vittae), ses sornes sont dorées. Des serviteurs sacrés (popae) le tiennent par une corde sans tirer pour qu'il donne l'impression d'aller de lui-même au sacrifice. Avant le sacrifice, on a placé sur sa tête un gâteau de miel et de farine salée (mola salsa) fabriqué par les vestales ; on l'a arrosé d'abord d'un vin préalablement goûté par le prêtre et l'assistance : c'est la libation (libatio) que l'on voit sur le tableau de Claude Gellée ; bientôt le victimarius, demandera au prêtre «agone?». et celui-ci, la tête couverte d'un pan de sa toge, comme Marc Aurèle, répondra : «hoc age». Le victimaire immolera alors la victime d'un coup de hache ou de couteau. La bête sera dépecée et les haruspices examineront ses entrailles ; si elles sont de bonne apparence, on les brûlera sur l'autel ; sinon, il faudra recommencer toute la cérémonie. Quant à la chair, elle sera partagée entre le prêtre, celui qui a offert le sacrifice et l'assistance.

 

Sacrifice de Marc Aurèle, détail d'un tableau de Claude Gellée. Remarquez, entre autres, le joueur de flûte double, la tête couverte de Marc Aurèle, le récipient pour la libation