Les dieux sont partout à Rome ; chaque jour,
on célébre les pénates, divinités
du foyer qui veillent sur le feu de cuisine : le mot "pénates"
vient en effet de penus, qui signifie garde manger.
Les pénates se déplacent avec la famille qu'ils
protègent. Lorsqu'Enée quitte Troie pour l'Italie,
Créuse confie les pénates à Anchise, qu'il
transporte sur son dos. L'expression française "transporter
ses pénates" vient de cette coutume. Le culte
des pénates est étroitement associé à
celui de Vesta, la déesse du feu domestique, qui ne doit
jamais s'éteindre pas plus que le feu sacré de
la Cité. |
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A la différence des pénates, les lares
sont attachés à un lieu fixe et ne peuvent suivre
la famille dans ses déplacements ; on les honore "non
comme divinités protectrices de la famille, mais comme
génies du lieu où elle demeure". Ce sont
des dieux agraires, protecteurs des carrefours (lares compitales),
puis de la maison (lares familiares), et enfin de l'État
(lares praestites).
Chaque famille procède chaque jour au culte domestique
dans l'atrium, devant le laraire
(lararium), une niche contenant les statuettes des lares
et d'autres divinités. Les lares sont représentés
sous forme d'adolescents tenant une corne d'abondance ou, comme
ici, sous forme de génies tournoyants tenant de la main
gauche une patère destinée à l'offrande
des fruits et, de la main droite, un rhyton pour la libation
de vin. |
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On n'honore pas seulement les lares
sur le lararium : à leurs côtés figurent
de nombreuses statuettes, comme le Mercure que l'on voit ici,
offertes en ex-voto aux divinités les plus diverses. Le
jour de leur mariage, les jeunes filles, après avoir offert
leurs poupées aux lares de la maison paternelle, introduisent
une statuette de Vénus, symbole d'amour et fécondité,
dans le laraire de leur époux.
Chaque partie de la maison est protégée par une
divinité domestique particulière : Forculus garde
la porte, Limentinus, la pierre du seuil, Cardea, les gonds ;
d'innombrables divinités aident l'enfant à grandir
: Vaticanus aide le tout petit bébé à pousser
son premier cri ; Cunina protège l'enfant au berceau,
Rumina l'aide à téter, Statulinus ou Statinus lui
apprend à se tenir debout ; lorsque l'enfant est sevré,
Educa lui apprend à manger et Potina à boire ;
Fabulinus lui apprend à parler ; lorsqu'il apprend à
marcher, Abeona protège ses départs et Adeona ses
retours.
D'autres divinités proègent
le bétail et les récoltes : Bubona s'occupe des
boeufs, Epona, des chevaux, Pales, des moutons, Flora fait fleurir
le blé, Matula le fait mûrir, Robigo les protège
de la rouille ; on célèbre aussi des entités
plus abstraites comme Fors et Fortuna, deux déesses
du hasard, Fides (la bonne foi), Honor et Virtus
(gloire et valeur), Concordia (la force maintenant la
cohérence des citoyens), Febris (la fièvre)...
et, pour éviter de mécontenter quiconque, on priait
même le "dieu inconnu". |
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